Pourquoi je doute après avoir pris une décision ?

Au moment du coaching, il était salarié d’une entreprise de services informatiques. Un excellent développeur, très autonome, capable de produire vite et bien. Au début de la séance, il était surtout perdu. Il avait pris une décision, mais après il avait un doute, il ne se sentait à l’aise avec. J’ai alors décidé d’utiliser les Moving Motivators pour l’aider à retrouver son alignement intérieur. En effet, ce qui l’inquiétait le plus, c’était de ne pas réussir à expliquer ce malaise :

« J’ai pris une décision… mais je doute. Je ne comprends pas pourquoi.« 

Il souhaitait simplement valider ou non le fait qu’il était en train de prendre la bonne direction pour lui.

Un doute après une décision ? Pourquoi avoir choisi les Moving Motivators ?

Très vite dans l’accompagnement, j’ai compris que la difficulté ne venait ni de ses compétences, ni de sa capacité à prendre des décisions. Il savait faire, mais il ne savait plus pourquoi il faisait certains choix. Il avançait souvent en choisissant la réponse « la plus raisonnable », « la plus sécurisante » ou « la plus attendue », sans réussir à sentir si elle lui correspondait réellement. Ce décalage expliquait en grande partie son malaise : il avait pris une décision, mais elle ne résonnait pas intérieurement. Ce dont il avait besoin, ce n’était pas d’un meilleur plan, mais d’un repère interne plus clair pour décider.

C’est à ce moment-là que les Moving Motivators m’ont semblé particulièrement adaptés pour plusieurs raisons :

  • Ils permettent de rendre visibles des motivations souvent implicites, voire inconscientes.
  • Ils aident à mettre des mots sur des ressentis difficiles à expliquer rationnellement.
  • Ils créent un cadre structuré pour explorer ce qui est réellement important ici et maintenant, sans jugement.

Dans son cas, l’enjeu n’était pas de définir « la meilleure décision » sur le papier, mais de comprendre le malaise qu’il ressentait face à un choix déjà fait. Il cherchait à comprendre pourquoi, pourtant logique et rassurante, cette décision ne lui apportait pas l’énergie attendue.

Les Moving Motivators offrent une porte d’entrée simple et concrète pour explorer cet écart. Cette pratique lui a permis de clarifier ce qu’il pensait devoir faire et ce qui le motivait profondément. C’était exactement ce dont il avait besoin pour reprendre la main sur ses choix.

Comment j’ai utilisé les Moving Motivators ?

Poser un cadre sécurisant

J’anime régulièrement des ateliers Moving Motivators, le plus souvent en one-to-one, aussi bien avec des entrepreneurs qu’avec des membres d’équipe ou des managers. Le one-to-one permet de créer un espace où la parole est plus libre, plus nuancée, et surtout moins filtrée, en présentiel comme à distance.

Pour cette séance à distance, j’ai pris le temps de poser le cadre. J’ai expliqué que l’objectif n’était pas de « bien classer » les cartes ni de trouver une vérité définitive, mais simplement de mettre à plat ce qui était important pour lui à cet instant précis.

« Il n’y a ni de bonne ni mauvaise réponse. »

Puis, il a commencé par le classement des cartes.

Moving motivators - classement des cartes

Très rapidement, j’ai senti chez lui une forme d’hésitation parce que certains choix entraient en tension avec l’image qu’il avait de lui-même.

Ce moment de tri a déjà fait émerger des silences, des sourires nerveux. Plutôt que de le guider ou de l’orienter, j’ai choisi de ralentir. De laisser de l’espace, le silence fait partie de l’exercice. C’est souvent là que les prises de conscience commencent à apparaître.

Quand je déroule l’exercice à voix haute

Il m’arrive parfois de sentir qu’une personne bloque vraiment dans l’exercice. C’est souvent parce qu’elle n’arrive pas à mettre des mots sur son raisonnement intérieur. Les cartes sont là, les ressentis aussi, mais le lien ne se fait pas encore.

Dans ce coaching, ce n’était pas le cas. L’exercice a plutôt servi de support pour approfondir une réflexion déjà présente, mais encore confuse.

Dans d’autres situations, lorsque le blocage est plus marqué, j’adopte une posture un peu différente : je déroule moi-même l’exercice à haute voix, en me prenant comme exemple. Je classe mes cartes et j’explique mon raisonnement intérieur, mes hésitations, mes contradictions. Je verbalise ce qui se passe dans ma tête : pourquoi je place une carte ici plutôt qu’ailleurs, ce que cela raconte de mes priorités du moment… On m’a même dit :

« Ah… moi c’est l’inverse en fait. »

Et c’était exactement ce que je cherchais à provoquer : non pas une réponse, mais un accès à son raisonnement intérieur.

L’objectif n’est pas de donner un modèle à suivre, ni d’influencer le résultat. C’est plutôt de rendre visible un processus souvent invisible : la manière dont on peut dialoguer avec ses propres motivations, sans chercher à être cohérent ou « logique » à tout prix.

Ce qui se joue entre les cartes

Une fois le classement posé, nous avons exploré l’impact de son choix récent sur chacune de ses cartes. Et c’est à ce moment-là que l’outil a pris toute sa puissance. Les cartes ont permis de rendre ce doute après une décision plus concret, plus visible, et donc plus facile à explorer. Certaines cartes descendaient. D’autres, au contraire, semblaient étonnamment peu affectées alors qu’il s’attendait à l’inverse.

Ce que j’ai trouvé particulièrement fort dans cette séance, c’est ce qui s’est dit entre les cartes. Des phrases comme :

« Je pensais que c’était important pour moi… mais en fait, pas tant que ça. »

« Je réalise que je fais ce choix parce que j’ai peur, et pas parce que ça me motive. »

Moving motivators - impact d'un changement

En one-to-one, ce type de verbalisation est possible. Il n’y a pas de regard extérieur, pas de comparaison, pas de justification à produire. Juste un espace sécurisé pour être honnête avec soi-même.

À la fin de la séance, nous n’avions pas une décision toute faite. Mais nous avions quelque chose de bien plus précieux : une lecture claire de ce qui, chez lui, devait être respecté pour que ses décisions futures soient réellement alignées. Les Moving Motivators n’ont pas « décidé à sa place ». Ils lui ont offert un support de clarification.

Ce que le one-to-one permet… et les limites du collectif

J’ai l’habitude de proposer les Moving Motivators en accompagnement individuel, et cette séance est venue renforcer une conviction déjà bien ancrée chez moi : le one-to-one crée un espace particulièrement propice à l’exploration des motivations profondes.

Ce que le one-to-one rend possible

Dans ce cadre, la personne n’a rien à justifier. Elle n’a pas à expliquer ses choix, ni à les rendre cohérents ou acceptables aux yeux des autres. Elle peut hésiter, changer d’avis, se contredire. Les silences sont accueillis, et c’est souvent dans ces moments-là que les prises de conscience les plus importantes émergent.

À l’inverse, j’ai également eu l’occasion de participer à des ateliers Moving Motivators en collectif, en tant qu’exécutant cette fois-ci. Et cette expérience m’a permis de poser un regard différent sur ce format.

Mon expérience des ateliers collectifs

Même si tout le monde “joue le jeu”, que le cadre est bienveillant et les intentions sincères, j’ai pu observer et ressentir à quel point l’exercice peut être particulièrement difficile pour certaines personnes. Expliquer à voix haute pourquoi une motivation est plus importante qu’une autre, ou pourquoi un changement impacte négativement certaines cartes, demande un niveau d’exposition personnelle qui n’est pas évident pour tous.

Dans un groupe, il existe toujours, même inconsciemment, une forme d’auto-censure. Les mots sont choisis avec soin. On simplifie parce qu’on veut que ça se termine vite. L’objectif devient alors de rester cohérent avec l’image que l’on renvoie, ou avec ce que l’on pense être attendu dans un contexte professionnel. Au final, ce qui est partagé ressemble souvent à une version “présentable” de sa réflexion intérieure.

Cette expérience m’a appris une chose essentielle. La difficulté ne vient pas de l’outil lui-même. Pour moi, mettre des mots sur ses motivations est un exercice plutôt intime. Pour certaines personnes, le faire face aux autres peut générer de la gêne, de la confusion, voire un inconfort difficile à exprimer sur le moment.

Cela ne remet pas en cause la puissance des Moving Motivators en collectif. Au contraire : ils ouvrent des discussions riches et nécessaires. Mais cette expérience m’a rappelé à quel point le format one-to-one permet d’aller plus loin dans la profondeur, notamment lorsqu’il s’agit de décisions engageantes, personnelles ou structurantes.

Les prises de conscience de l’entrepreneur

L’une des prises de conscience majeures de cette séance a été de comprendre pourquoi cette décision était devenu si difficile pour lui.

Il s’est rendu compte qu’il avançait souvent en répondant à des attentes extérieures : faire « ce qu’il faut », prendre « la bonne direction », cocher les cases. Mettre cela en lumière lui a permis de donner du sens à son malaise. Ce n’était pas un manque de clarté ou de capacité à décider, mais un écart entre ses décisions et ses moteurs intrinsèques.

Cette séance a marqué un véritable point de bascule pour lui. En visualisant ses motivations et l’impact de son choix récent sur celles-ci, il est devenu évident pour lui que la décision qu’il avait prise n’était pas alignée avec ses moteurs profonds.

Ce qui a été particulièrement fort, c’est que cette prise de conscience est venue de lui. Les cartes n’ont fait que révéler ce qu’il ressentait déjà sans réussir à le formuler. En mettant des mots sur ses motivations, il a pu reconnaître que continuer dans cette direction risquait de l’éloigner durablement de ce qui le faisait vraiment avancer.

À l’issue de cette séance, sa conclusion était claire : il ne faisait pas le bon choix pour lui. Suite à cette séance, il a décidé de démarrer son parcours de solopreneur. Les Moving Motivators n’ont pas décidé à sa place. En revanche, ils lui ont permis de se faire confiance à nouveau dans ses décisions, en s’appuyant sur ses repères internes clairs.

Mes apprentissages en tant que facilitateur

Des décisions engageantes appellent un travail sur les motivations

Cette séance est venue renforcer plusieurs convictions que j’avais déjà, tout en faisant évoluer ma posture de facilitateur.

Les Moving Motivators sont particulièrement puissants lorsqu’il s’agit de décisions engageantes et personnelles. Lorsqu’un choix impacte directement l’identité, le rythme de vie ou le sens donné à son travail, clarifier ses moteurs devient un préalable indispensable.

La puissance du cadre en one-to-one

Pour moi, l’absence de regards extérieurs permet une exploration plus honnête et plus profonde. Les silences, les hésitations et même les contradictions ne sont pas perçus comme des faiblesses, mais comme des signaux utiles. En tant que facilitateur, cela m’invite à ralentir davantage et à faire confiance au processus, même lorsque rien ne semble « avancer » en surface.

Rendre visible le raisonnement intérieur

J’ai également pris conscience de la valeur du partage de ma propre réflexion lorsque la personne bloque. Dérouler l’exercice à voix haute, expliquer mon raisonnement intérieur, mes doutes et mes arbitrages, permet souvent de lever un verrou. Cela ne guide pas la réponse de l’autre, mais lui montre qu’il existe plusieurs manières valides de réfléchir à ses motivations. Cette posture demande de l’authenticité et une certaine vulnérabilité, mais elle renforce fortement la sécurité du cadre.

La valeur réelle d’un atelier

L’impact d’un atelier ne se mesure pas uniquement à ce qui est décidé à la fin de la séance. Parfois, la vraie valeur réside dans la clarté retrouvée, dans la capacité à nommer ce qui ne va pas, et dans le fait de s’autoriser à changer de direction.

Si je devais refaire cette séance, je ne changerais pas l’outil. En revanche, je continuerais à accorder encore plus de place au rythme de la personne, à ses silences et à ses mots.

La technique « Rubber Duck Debugging »

Avec le recul, cette posture me fait penser à la technique du canard en plastique (Rubber Duck Debugging), bien connue dans le monde du développement logiciel. Le principe est simple : expliquer son raisonnement à voix haute, non pas pour obtenir une réponse, mais pour rendre sa pensée plus claire.

Dans ce type d’accompagnement, le coach est surtout présent pour offrir un espace sécurisé où la personne peut verbaliser, hésiter, se contredire et, peu à peu, comprendre ce qui se joue pour elle. Les Moving Motivators ne sont pas une réponse en soi. Ils sont un support de verbalisation. Et bien utilisés, dans un cadre de confiance, ils permettent à chacun de retrouver ses propres repères et de prendre des décisions plus alignées.

  • Pourquoi je doute après avoir pris une décision - étape 1
  • Pourquoi je doute après avoir pris une décision - étape 2
  • Pourquoi je doute après avoir pris une décision - étape 3
  • Pourquoi je doute après avoir pris une décision - étape 4
  • Pourquoi je doute après avoir pris une décision - étape 5
  • Pourquoi je doute après avoir pris une décision - étape 6
  • Pourquoi je doute après avoir pris une décision - étape 7
  • Pourquoi je doute après avoir pris une décision - étape 8
  • Pourquoi je doute après avoir pris une décision - étape 9
  • Pourquoi je doute après avoir pris une décision - Résumé
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