Comment savoir par où commencer

Vous savez peut-être ce que vous voulez atteindre. Votre objectif paraît clair, votre envie est réelle et votre projet compte vraiment pour vous. Pourtant, une question reste au milieu du chemin. Par où commencer ?

Cette question peut sembler petite. Pourtant, elle bloque beaucoup de projets au moment le plus décisif.

Dans cet article, vous allez transformer un objectif clair en première action simple, visible et faisable.

Pourquoi savoir où aller ne suffit pas toujours ?

Avoir un objectif aide à choisir une direction. Cependant, une direction ne déclenche pas toujours le premier mouvement.

Vous pouvez vouloir vendre votre offre, améliorer votre site ou lancer une newsletter. Mais si le premier geste reste flou, votre cerveau doit encore décider trop de choses. Il doit choisir le bon format, le bon moment, le bon niveau d’ambition et le bon ordre. Cette accumulation crée une friction invisible.

Piers Steel[1] a publié en 2007 une grande revue scientifique sur la procrastination. Son analyse la décrit comme un problème d’autorégulation, pas comme un simple défaut moral.

Autrement dit, vous n’avez pas besoin de vous juger pour commencer. Vous avez surtout besoin de réduire la marche qui se trouve devant vous.

Ce qu’est une vraie première action

Une première action n’est pas une intention. Elle n’est pas non plus une grande étape impressionnante. Une vraie première action commence par un verbe clair et produit quelque chose d’observable.

Écrire, envoyer, lister, appeler, choisir, publier ou demander sont des verbes utiles. En revanche, « avancer sur », « réfléchir à » ou « travailler sur » restent souvent trop vagues. Ces formules vous donnent une impression d’engagement, mais elles ne guident pas vos mains.

Peter Gollwitzer et Veronika Brandstatter[2] ont étudié les intentions d’implémentation. Leurs travaux montrent qu’un plan précis aide davantage qu’une intention générale.

Donc, votre première action doit répondre à une question très simple. Que vais-je faire exactement, quand et pour produire quoi ?

Comment trouver votre première action quand vous ne savez pas par où commencer ?

1. Repartez de votre objectif

Commencez par relire votre objectif en une phrase. S’il reste flou, clarifiez-le avant de chercher une action. Une première action ne sert à rien si elle vous fait courir dans toutes les directions. Votre objectif donne le cap. Votre première action crée le départ.

2. Cherchez la zone la plus floue

Ensuite, demandez où votre projet manque le plus de clarté. Est-ce l’offre ? Le client ? Le prix ? Le message ? Le canal ? La meilleure première action n’est pas toujours la plus productive immédiatement. Souvent, c’est celle qui réduit le plus de brouillard.

3. Réduisez jusqu’à obtenir un geste visible

Puis, descendez d’un niveau. Si votre action ressemble encore à un projet, elle reste trop grande. « Créer mon offre » devient « écrire une promesse en trois phrases ». « Améliorer mon site » devient « réécrire le titre de ma page d’accueil ». « Développer ma visibilité » devient « lister cinq sujets que mes clients vivent vraiment ».

4. Limitez l’action dans le temps

Après cela, donnez une taille raisonnable à votre première action. Trente minutes suffisent souvent pour créer un premier morceau de réalité. Si votre action demande trois heures, votre cerveau risque de chercher une échappatoire. Commencer petit ne réduit pas votre ambition. Au contraire, cela protège l’entrée dans le mouvement.

5. Décidez du moment exact

Enfin, placez votre action dans un vrai moment. « Cette semaine » reste trop confortable, car la semaine peut toujours glisser.

Préférez une phrase précise.

Mardi à 9h, j’écris la première version de ma promesse pendant trente minutes.

Cette phrase retire une décision à votre futur vous. Au moment d’agir, vous n’avez plus besoin de réfléchir au point de départ.

Quand le cap est clair, mais que le premier pas reste flou

Dans cet accompagnement, nous avions déjà clarifié le cap de l’écrivain. Il voulait terminer son 3ème livre. Je raconte ce travail de cadrage dans l’article sur l’écriture d’un livre en moins de 3 mois ainsi que comment formuler un objectif clair dans l’article consacré à l’objectif SMART.

Son objectif était fixé, son périmètre aussi. Pourtant, une question restait entière : par où commencer maintenant ?

« Écrire le livre » semblait être une action évidente. En réalité, cette phrase ne disait pas quoi faire le lendemain matin. Elle ne précisait ni le moment, ni le volume, ni le premier résultat attendu.

Nous avons donc découpé le livre en étapes plus petites. Avec un peu plus de 9 semaines devant nous, le rythme devenait plus concret : environ un chapitre par semaine.

Puis, nous avons ramené ce rythme à une première action simple : réserver les créneaux d’écriture dans l’agenda.

Concrètement, les premières actions ressemblaient à cela.

  • Réserver les créneaux d’écriture dans l’agenda.
  • Choisir le chapitre à terminer avant le prochain rendez-vous.
  • Envoyer le planning prévu pour rendre l’engagement visible.
  • Mettre les nouvelles idées au frigo, sans les travailler.
  • Ne pas rouvrir les chapitres déjà terminés.
  • Envoyer un message dès qu’un chapitre est fini

Aucune de ces actions ne terminait le livre à elle seule. Cependant, elles créaient les conditions pour écrire vraiment.

Le projet avançait parce que l’écrivain savait quoi faire, quand le faire et comment voir que l’action était terminée. Le livre quittait alors la catégorie des grands projets impressionnants. Il devenait une suite de rendez-vous précis avec l’écriture.

La première action n’était donc pas spectaculaire. Elle était seulement assez claire pour être faite dès maintenant.

Et si vous choisissiez votre première action maintenant ?

Prenez un objectif que vous avez déjà clarifié. Si rien ne vous vient, choisissez celui qui occupe le plus votre attention actuellement.

Ensuite, répondez à ces questions.

  1. Sur quel objectif, vais-je travailler ?
  2. Quel petit résultat puis-je produire en moins d’une heure ?
  3. Quel verbe clair décrit cette action ?
  4. Comment saurai-je que cette action est terminée ?
  5. Quand vais-je faire cette action dans mon agenda ?

Puis, complétez cette phrase.

Le __________ à __________, je vais __________ pour ________________.

Pour l’écrivain, cela pouvait donner :

  • Le lundi à 9h, je vais réserver mes créneaux d'écriture dans l'agenda pour organiser ma semaine.
  • Ou encore : Le mardi à 14h, je vais écrire 3 pages du chapitre 4 pour avancer vers mon jalon hebdomadaire.

Si votre phrase commence par « avancer sur« , recommencez. Votre première action doit pouvoir se voir, se faire et se terminer.

En résumé

Ne pas savoir par où commencer ne signifie pas que votre projet est mauvais. Souvent, cela signifie seulement que la première marche reste trop haute. Votre objectif donne une direction. Votre première action crée le contact avec le réel. Alors, ne cherchez pas le plan parfait avant de bouger.

Cherchez le plus petit geste utile, visible et daté. Une fois ce geste posé, votre projet cesse d’être seulement une idée. Il devient quelque chose avec lequel vous pouvez enfin travailler. Surtout n’hésitez pas à découper.

Comment savoir par où commencer-Infographie

Sources

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8 commentaires

  1. J’aime beaucoup ton illustration finale qui fait le parallèle entre le projet et la randonnée (pour tout dire, je viens même de me l’imprimer!) En lisant l’article, je me disais « hou là là mais comment vais-je y arriver ? » et là, tout devient clair ! Merci beaucoup, je pense que ton article va aider beaucoup de monde !

    • Merci Denis ! Et savoir que tu as imprimé l’illustration me fait particulièrement plaisir 😊
      C’est justement ce que j’aime avec l’image de la randonnée : on peut avoir un sacré chemin devant soi sans avoir besoin de résoudre tout l’itinéraire d’un seul coup.

  2. Super article, très pertinent ! J’ai souvent l’objectif en tête, mais c’est bien le découpage en petites actions concrètes qui permet réellement de passer à l’action. Choisir une première étape claire, visible et datée réduit considérablement la sensation d’être face à une montagne. Merci pour le partage !

    • Merci Asma ! Tu mets le doigt sur quelque chose d’important : entre avoir envie de faire quelque chose et commencer réellement, il y a parfois un espace étonnamment grand. Et souvent, ce n’est pas davantage de motivation qu’il faut, mais simplement rendre le départ suffisamment évident pour ne plus avoir à négocier avec soi-même.

  3. Le plus difficile, c’est parfois de trouver ce fameux tout petit premier pas ! J’ai plutôt tendance à regarder directement l’escalier entier… et à me demander pourquoi il a autant de marches. 😄

    • Ah oui, l’escalier entier a un talent particulier pour attirer le regard 😄
      Et parfois, on passe tellement de temps à compter les marches qu’on oublie celle qui est juste devant nous !
      Le premier pas n’a même pas besoin d’être « le meilleur » mais il doit surtout nous permettre d’entrer dans le mouvement.
      Merci Sophie pour cette image qui complète très bien la mienne !

  4. Merci Alexandra, j’ai trouvé très juste la distinction entre une intention vague et une action visible, faisable et terminable. L’exemple « réécrire le titre de ma page d’accueil » montre bien comment réduire la marche sans réduire l’ambition. Je retiens aussi le rendez-vous précis dans l’agenda : une excellente façon d’éviter le confortable « cette semaine » !

    • Merci Flore ! Ton expression « réduire la marche sans réduire l’ambition » résume très bien l’enjeu.
      On peut garder une destination exigeante tout en se donnant un point de départ beaucoup plus accessible.

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