Votre style de leadership influence directement la motivation, la performance et la cohésion de votre équipe. Pourtant, chaque manager se pose un jour ces questions : « Est-ce que j’adopte la bonne posture de leadership ? », « Suis-je le leader dont mon équipe a vraiment besoin ? » Quand la motivation de l’équipe faiblit ou que les objectifs ne sont pas atteints, il est peut-être temps d’interroger votre manière de manager.
Vous sentez que votre équipe manque de motivation ou que vos efforts managériaux n’atteignent pas les résultats escomptés ? Peut-être que votre style de leadership n’est pas adapté à la situation. Identifier et ajuster votre façon de diriger est un levier puissant pour booster la performance et renforcer la cohésion. Le modèle Blake & Mouton peut vous y aider.
Dans cet article, vous allez découvrir un outil simple et visuel pour comprendre votre style de management, l’évaluer, et surtout : l’ajuster pour un meilleur impact. L’objectif ? Vous aider à devenir le leader dont votre équipe a réellement besoin.
Pourquoi votre style de leadership est-il la clé de la motivation et de la performance ?
Votre manière de diriger influence directement :
- Le climat de confiance dans votre équipe
- L’engagement de vos collaborateurs
- La qualité de la communication
- Les résultats obtenus
Un bon leader sait jongler entre deux besoins fondamentaux : l’attention aux personnes et l’atteinte des objectifs. Le modèle Blake & Mouton vous aide justement à comprendre comment vous vous positionnez entre ces deux pôles.
Qu’est-ce que le modèle Blake & Mouton ?
Robert R. Blake et Jane S. Mouton sont deux chercheurs en management qui ont développé, dans les années 1960, la célèbre « grille de management » (ou « managerial grid »). Leur travail a grandement contribué à la compréhension des comportements managériaux et à la réflexion sur l’équilibre entre l’orientation vers les individus et l’atteinte des objectifs.
Ce modèle repose sur une idée simple : tout manager agit en combinant deux axes – l’attention portée aux personnes et la priorité donnée aux résultats :
- L’axe vertical : La préoccupation pour les personnes
Cet axe mesure l’attention que porte un leader aux besoins, aux intérêts et au bien-être des membres de son équipe. Un leader qui se soucie sincèrement de ses collaborateurs favorise un climat de confiance et d’engagement. - L’axe horizontal : La focalisation sur les résultats
Cet axe reflète l’importance accordée à l’atteinte des objectifs et à la performance. Un leader orienté vers les résultats pousse son équipe à se surpasser et à atteindre des objectifs ambitieux.
Selon la position sur ces deux axes, cinq grands styles de leadership émergent. Comprendre votre position permet de mieux gérer vos équipes, vos priorités et votre communication.
Comment devenir le leader dont votre équipe a besoin grâce au modèle ?
Étape 1 : Auto-diagnostiquez votre style
- Interrogez-vous sur vos priorités : qu’est-ce qui vous préoccupe le plus au quotidien ?
- Notez vos comportements habituels : êtes-vous plutôt à l’écoute ou directif ?
- Où placez-vous l’équilibre entre performance et bien-être ?
- Comment vos collaborateurs vous perçoivent-ils ? Demandez des retours honnêtes.
Étape 2 : Identifiez votre quadrant de leadership
Positionnez-vous sur la grille selon vos pratiques actuelles. Quel style se rapproche le plus de votre posture actuelle ?

Le leadership indifférent / laisser faire (1,1)
Les leaders dans ce quadrant montrent peu d’intérêt tant pour leurs collaborateurs que pour les résultats. Le leader intervient très peu, ce qui peut entraîner un manque de direction et de soutien. Heureusement, ce n’est pas un style auquel nous aspirons ni auquel nous devons nous identifier.
Le leadership paternaliste / accommodant (1,9)
Ici, l’accent est mis sur les personnes. Le leader cherche à être aimé et à soutenir son équipe, mais il manque souvent de rigueur dans la poursuite des objectifs. Le souci des personnes prime sur la réalisation des objectifs, même s’il comporte une dimension de protection et de bienveillance. Si l’humain est au cœur des préoccupations, l’absence d’objectifs clairs peut nuire à la performance collective.
Le leadership dictatorial / autocratique (9,1)
Ce style est centré uniquement sur les résultats, sans tenir compte du bien-être des collaborateurs. Le leader impose des directives pour atteindre les objectifs, au détriment d’une écoute ou d’un soutien aux collaborateurs. Bien que cette approche puisse produire des résultats rapides à court terme, elle risque de démotiver l’équipe et de compromettre la pérennité des performances sur le long terme.
Le leadership équilibré / démocratique (9,9)
Ce style se situe à l’extrême en termes d’exigence et de soutien : une forte orientation vers les résultats et une forte préoccupation pour les personnes. C’est le style idéal recherché dans le modèle de Blake-Mouton. Le leader montre une grande préoccupation tant pour les personnes que pour les résultats. En combinant écoute, soutien et exigence, ce modèle permet de créer un environnement de travail agile et performant.
Le leadership collégial (5,5)
Ce style représente un équilibre modéré sur les deux axes. Le leader collégial se positionne sur un terrain intermédiaire, favorisant la collaboration et la participation tout en gardant une certaine exigence. Il est moins extrême que le style démocratique, ce qui peut être adapté dans certains contextes ou équipes.
Étape 3 : Ajustez vos leviers pour devenir le leader idéal
Adapter son style aux circonstances : Il n’est pas rare qu’une situation exige une approche différente. L’important est de savoir ajuster son leadership en fonction des besoins immédiats tout en revenant à un équilibre dès que possible.
- Si vous êtes trop centré sur les résultats : prenez le temps de mieux écouter votre équipe.
- Si vous privilégiez trop le relationnel : posez des objectifs plus clairs et suivez leur avancement.
- Manque de performance ? Augmentez l’exigence sans négliger le lien humain.
- Tensions internes ? Renforcez l’écoute et la considération individuelle.
Étape 4 : Mettez en place un suivi
Investir dans la communication : Échangez régulièrement avec votre équipe pour comprendre leurs attentes et pour partager vos objectifs. Une communication transparente renforce la cohésion et facilite l’adaptation aux changements.
Chercher le feedback : Invitez vos collaborateurs à vous faire part de leur perception de votre style de management. Leurs retours peuvent être précieux pour identifier vos points forts et les axes à améliorer. Vous pouvez également proposez un questionnaire anonyme ou des points individuels pour recueillir les ressentis.
Testez-vous : êtes-vous déjà le leader dont votre équipe a besoin ?
Premier exercice : Faites votre grille
- Dessinez une grille à deux axes. Positionnez-vous et imaginez où vos collaborateurs vous placeraient.
Deuxième exercice : Étude de cas personnelle
- Pensez à une situation de management récente (conflit, projet difficile). Quel style avez-vous adopté ? Était-ce efficace ? Qu’auriez-vous pu faire autrement ? Quelles leçons en tirer ?
Troisième exercice : Challenge 7 jours
- Pendant une semaine, adoptez consciemment un style différent de votre tendance naturelle, selon les besoins de vos collaborateurs. Notez les réactions de l’équipe.
Le bon style de leadership, c’est celui qui s’adapte
Le modèle Blake & Mouton est bien plus qu’un outil théorique. Il n’impose pas un style unique. Il offre un outil de lecture, un miroir utile pour prendre du recul sur votre posture managériale et de progresser en conscience. En ajustant l’équilibre entre performance et attention à l’humain, vous pourrez non seulement obtenir de meilleurs résultats, mais aussi développer une équipe plus engagée, plus fidèle, et plus motivée.
Alors, où vous situez-vous aujourd’hui sur la grille ? Et où voulez-vous aller ? Êtes-vous prêt à l’ajuster pour accompagner votre équipe vers plus de performance et d’épanouissement ?

2 commentaires
Merci pour cet article qui pousse à une question essentielle : “Suis-je vraiment le leader dont mon équipe a besoin ?”
Ce que j’aime particulièrement, c’est l’invitation à sortir d’un pilotage automatique pour se repositionner consciemment entre bien-être humain et performance — un équilibre que j’aborde aussi souvent dans mon coaching, car un leadership qui inspire commence par comprendre ce que l’on incarne soi-même.
Comme tu l’indiques, c’est précisément en identifiant où l’on se situe sur les deux axes du modèle que l’on peut ajuster notre posture avec finesse — plutôt que d’essayer d’être un “super-manager” parfait.
Cela rejoint une conviction que je partage : le leader ne se définit pas par un titre, mais par l’impact qu’il crée sur le sens, l’engagement et la confiance au sein de l’équipe.
Merci pour ce retour approfondi.
Ce que tu décris est au cœur de ma démarche : aider les leaders à prendre conscience de ce qu’ils incarnent réellement, pour ajuster leur style avec finesse selon les besoins de l’équipe. Le modèle n’est pas une case à cocher, mais un support pour développer un leadership plus conscient, plus humain… et durablement performant.